Euthanasie des animaux d’expérimentation

Table des matières

Objectifs

Les objectifs de ce module sont :

  • Discuter des principes généraux de mise à mort d'un animal conforme à l'éthique;
  • Discuter de l'effet émotionnel de la mise à mort des animaux sur les personnes;
  • Résumer les critères relatifs aux techniques de mise à mort appropriées;
  • Présenter les avantages et les inconvénients de certaines méthodes d'euthanasie;
  • Discuter de l'importance du choix de la méthode d'euthanasie selon la nature des tissus qu'on souhaite prélever pour analyse.
Introduction

On tue les animaux d'expérimentation pour diverses raisons : pour recueillir des cellules ou des tissus en vue d'études in vitro, pour faire des prélèvements sanguins ou autres à la fin d'une recherche, pour effectuer des diagnostics ou des études de pathologie vétérinaire. Également, les animaux d'expérimentation sont tués pour éviter des douleurs ou des souffrances inutiles lorsque les animaux ont atteint le point limite approuvé, lorsqu'on n'en a plus besoin ou lorsqu'on les élimine d'un programme d'élevage.

Chaque fois que l'on tue un animal à des fins de recherche, d'enseignement ou de tests, on doit procéder avec respect et de façon à provoquer le moins de douleur et le moins de détresse possible. Dans le Manuel sur le soin et l'utilisation des animaux d'expérimentation du CCPA, on peut lire ce qui suit : "Lors de l'utilisation des animaux en recherche, en enseignement et dans les tests, la communauté scientifique doit assumer elle-même la responsabilité de l'application des jugements scientifiques et des nouvelles connaissances pour s'assurer que, lorsqu'on euthanasie un animal, cet animal bénéficie d'une bonne mort."
(CCPA, Manuel Vol. 1 (2e éd.) 1993 XII. EUTHANASIE)

Terminologie

Le terme euthanasie signifie mort douce. Il vient du grec eu (bien ou bon) et thanatos (mort). L'euthanasie désigne donc une mort douce ou facile et les moyens employés à cette fin.

On emploie de nombreuses expressions, apparemment pour éviter de parler directement de la mise à mort d'un animal sans cruauté : endormir, libérer (de ses souffrances), sacrifier. Le terme sacrifier est encore parfois employé dans les communications et les publications scientifiques.

Principes de mise à mort conforme à l'éthique

Les principes généraux de mise à mort d'un animal conforme à l'éthique sont les suivants :

  • perte de conscience très rapide (immédiate) suivie de la mort
  • absence de douleur et de détresse

Ces aspects sont soulignés dans les lignes directrices du CCPA et dans la déclaration de position de l'Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) sur l'euthanasie. Dans les lignes directrices du CCPA, on lit ce qui suit : " Afin de déterminer si une méthode d'euthanasie est humanitaire ou pas, il faut d'abord et avant tout, établir si l'action dépressive sur le système nerveux central (SNC) assure une insensibilité immédiate à la douleur." (CCPA, Manuel Vol. 1 (2e éd.) 1993 XII. EUTHANASIE)

Dans la déclaration de l'ACMV, on trouve la phrase suivante : "L'Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) croit que la mort doit être rapide et engendrer le moins de douleur possible lorsqu'un animal doit être euthanasié".

En outre, les circonstances de la mise à mort ne doivent pas provoquer de peur ou de stress psychologique chez l'animal. D'autres critères d'évaluation des méthodes d'euthanasie sont présentés plus loin dans ce module.

La mise en œuvre de ces principes exige un jugement professionnel, un matériel en bon état et une compétence technique alliée à une connaissance de l'animal, de son comportement et de sa physiologie; elle exige également une compréhension des répercussions environnementales et écologiques, de la sensibilité du personnel et des points de vue du grand public.

Formation et expertise du personnel

Pour pouvoir effectuer l'euthanasie de la façon la plus appropriée, avec professionnalisme et respect, le personnel doit avoir reçu une formation adéquate couvrant les aspects suivants : reconnaissance de la douleur et de la détresse à partir du comportement de l'animal, méthodes de manipulation et d'immobilisation, mise en œuvre des techniques connexes et utilisation du matériel, reconnaissance et évaluation de l'état d'inconscience, méthodes de vérification de la mort de l'animal, reconnaissance et confirmation de la mort. Ce type de formation dépasse la portée du présent module et doit être dispensé indépendamment par l'institution.

Manipulation de l'animal avant l'euthanasie

Toute manœuvre d'immobilisation de l'animal en vue d'une mise à mort conforme à l'éthique doit être effectuée en douceur et avec soin pour éviter de provoquer la peur, la détresse ou la douleur. Lorsque la contention risque d'engendrer la peur, la détresse ou la douleur, on doit envisager l'administration de tranquillisants ou de sédatifs.

Matériel employé pour l'euthanasie

Tous les instruments et dispositifs d'euthanasie doivent permettre d'observer facilement les animaux. Ils doivent être conçus par des professionnels et maintenus en bon état pour provoquer rapidement la perte de conscience et la mort. Après chaque utilisation, ils doivent être nettoyés pour enlever les tissus animaux, le sang et les excréments.

Évaluation éthique d'une méthode d'euthanasie

Les comités d'experts évaluent, à la lumière d'un certain nombre de critères, si une méthode de mise à mort des animaux est appropriée, et par conséquent si elle est acceptable. Dans son rapport de 2007, le comité de l'AVMA sur l'euthanasie s'est appuyé sur les critères suivants :

  • capacité de provoquer la perte de conscience et la mort sans douleur, sans détresse, sans anxiété et sans appréhension;
  • temps nécessaire pour produire la perte de conscience;
  • fiabilité;
  • sécurité du personnel;
  • irréversibilité;
  • compatibilité avec les exigences ou le but recherché;
  • effet émotionnel chez les observateurs et les préposés;
  • compatibilité avec l'évaluation, l'utilisation ou l'examen subséquent des tissus;
  • disponibilité d'agents euthanasiants et risque d'abus par des personnes;
  • compatibilité avec l'espèce de l'animal, son âge et son état de santé;
  • possibilité de maintenir le matériel en bon état;
  • sécurité des prédateurs et des charognards qui pourraient consommer la carcasse.

La plupart de ces critères s'expliquent d'eux-mêmes. Cependant nous reviendrons brièvement sur certains d'entre eux : a) irréversibilité; b) considérations d'ordre scientifique concernant la compatibilité avec les exigences ou le but recherché et avec l'évaluation, l'utilisation ou l'examen subséquent des tissus; c) effet émotionnel chez les observateurs et les préposés.

Irréversibilité - s'assurer de la mort de l'animal

Toute méthode d'euthanasie acceptable rend rapidement l'animal inconscient et insensible à la douleur, mais on doit également vérifier s'il est mort. On doit considérer l'animal mort seulement lorsqu'on est certain que le cœur ne bat plus et que, par conséquent, le sang ne parvient plus au cerveau; on doit également s'assurer que tous les autres mouvements comme la respiration et l'activité réflexe ont cessé. Par conséquent, avec certaines méthodes, deux étapes sont nécessaires, soit la manœuvre provoquant la perte de conscience initiale et l'opération par laquelle on vérifie que l'animal ne pourra ni reprendre conscience ni se rétablir (exsanguination, ouverture du thorax, section de gros vaisseaux sanguins, luxation cervicale après euthanasie au CO2).

Considérations d'ordre scientifique concernant le choix de la méthode d'euthanasie

Certaines méthodes d'euthanasie peuvent se répercuter sur les analyses ultérieures (biochimiques, histologiques ou au microscope électronique) parce qu'elles affectent les tissus. Les effets directs sont généralement peu visibles ou absents. Les méthodes qui produisent de l'anoxie peuvent provoquer une congestion et un œdème pulmonaire selon la rapidité de la mort. L'hypoxie des tissus peut entraîner des altérations telles que l'acidose métabolique. Au niveau du système nerveux central, ces modifications apparaissent probablement plus rapidement que dans les autres tissus et organes; ces tissus devront donc être préparés aussitôt que possible après la perte de conscience et la mort de l'animal. Avant de tuer l'animal, il est également important de le manipuler de façon appropriée afin d'éviter le stress et la peur.

Dans les cas où l'euthanasie par des moyens chimiques soulève des questions d'ordre scientifique parce qu'elle peut fausser les résultats de la recherche, on pourra proposer une méthode physique; cependant celle-ci doit être justifiée auprès du comité de protection des animaux et approuvée par lui sur la foi de preuves scientifiques. Avant l'approbation de toute méthode physique, on devra évaluer les aptitudes du personnel, l'emplacement et le matériel devant être utilisés.

Effet émotionnel et psychologique sur les personnes

Il faut tenir compte de l'existence des effets émotionnels et psychologiques possibles chez les observateurs et les personnes qui effectuent l'euthanasie. Dans les laboratoires de recherche, les employés peuvent s'attacher aux animaux et éprouver un certain malaise à la fin de l'étude, au moment de les euthanasier. Chez ceux qui doivent exécuter cette tâche régulièrement, il peut apparaître des mécanismes de défense menant à une insensibilité et à une certaine rudesse dans la manipulation des animaux. On peut prendre certaines mesures pour éviter les répercussions de cette nature chez les personnes concernées. Pour que l'acte d'euthanasie soit moins pénible, on peut veiller à ce que les employés en question connaissent bien les techniques, qu'ils comprennent bien les mécanismes physiologiques menant à la mort (vérification de la perte de conscience, raisons des mouvements) et optent pour les techniques les plus appropriées du point de vue éthique. Chaque personne doit pouvoir exprimer librement ses sentiments sur l'euthanasie dans le cadre d'un forum et recevoir un soutien à cet effet. Tout employé qui trouve pénible de devoir euthanasier un animal doit en parler à son superviseur ou au vétérinaire.

Mode d'action des agents utilisés pour l'euthanasie

Les agents utilisés provoquent la mort a) par hypoxie du cerveau, b) par dépression directe des neurones assurant les fonctions vitales, c) par des lésions physiques menant à l'arrêt de l'activité cérébrale et à la destruction des neurones assurant les fonctions vitales.

Choix d'une méthode acceptable d'euthanasie

Pour mettre à mort un animal d'expérimentation, il existe de nombreuses méthodes acceptables du point de vue éthique. La méthode suggérée doit avoir été évaluée par le comité de protection des animaux lors de l'examen du protocole. L'approbation de la méthode d'euthanasie proposée doit toujours se faire après consultation auprès d'un vétérinaire. On doit garder des dossiers indiquant le nombre d'animaux euthanasiés, les méthodes et les produits utilisés et le nom des employés qui y ont participé.

Nous présentons ici certaines des méthodes d'euthanasie généralement acceptées ainsi que quelques points connexes importants (avantages, inconvénients, commentaires). On pourra trouver des renseignements complets sur une méthode ou un agent donné dans les références. Le lecteur devra notamment se reporter à l'Annexe XIV du manuel du CCPA, Vol. 1 (2e éd.) 1993, Méthodes d'euthanasie pour chaque espèce (méthodes par ordre d'acceptabilité), et nous l'invitons à ajouter cette partie du manuel du CCPA dans ses signets pour référence future.

Dans le présent module, les méthodes et les agents inacceptables sont simplement énumérés sans commentaire. Pour toute information supplémentaire concernant une méthode d'euthanasie donnée, le lecteur devra consulter le vétérinaire de son institution.

Classification des agents employés pour l'euthanasie

On regroupe habituellement les méthodes d'euthanasie éthiquement acceptables en méthodes chimiques (produits à inhaler, à injecter ou autres) et physiques.

Agents chimiques à inhaler

Les agents à inhaler employés pour l'euthanasie sont administrés à l'animal sous forme de liquide vaporisé ou de gaz, habituellement dans une chambre fermée permettant d'éviter que des humains y soient exposés.

Vapeurs d'anesthésiques volatils

Administrés à une dose suffisante, tous les anesthésiques à inhaler courants (halothane, isoflurane et autres) peuvent servir à tuer un animal. Des tests de préférence menés sur des rongeurs montrent que le produit pour lequel ces animaux éprouvent le moins d'aversion lors de l'inhalation est l'halothane. Ce produit est considéré comme le plus acceptable et c'est le seul dont nous discuterons ici. Tous ces agents doivent être administrés dans une chambre fermée (dans le cas des petits animaux) et les vapeurs doivent être évacuées pour éviter que les humains y soient exposés.

L'halothane (anesthésique)

Avantages :

  • facilité à produire de fortes concentrations de vapeur dans un espace fermé
  • effet rapide
  • relativement peu irritant à l'inhalation

Inconvénients :

  • risque pour la santé humaine en cas d'exposition aux vapeurs
  • emploi uniquement là où il est possible d'éviter que des humains soient exposés aux vapeurs

Gaz à inhaler

Plusieurs gaz peuvent servir à tuer des animaux : dioxyde de carbone, monoxyde de carbone, gaz inertes comme l'argon et l'azote. Parmi ces gaz, le dioxyde de carbone est considéré comme acceptable pour l'euthanasie de petits animaux de laboratoire, et c'est le seul dont nous discuterons ici.

Dioxyde de carbone

Le dioxyde de carbone (CO2) est plus lourd que l'air et presque inodore. On peut facilement acheter des bouteilles de CO2 comprimé. À des concentrations de plus de 70 %, la perte de conscience se produit habituellement en moins d'une minute.

Avantages :

  • prix abordable et disponibilité
  • perte de conscience rapide
  • peu de risques liés à l'exposition humaine

Inconvénients :

  • difficulté à obtenir une concentration optimale dans la chambre
  • irritation des muqueuses lors de l'inhalation
  • aversion chez les rongeurs
  • perte de conscience plus tardive que par les anesthésiants à inhaler
  • plus forte tolérance au CO2 chez les nouveau-nés des mammifères, chez les amphibiens et les reptiles, qui ne doivent pas être euthanasiés par cette méthode
  • ne pas employer chez une espèce qui peut retenir son souffle pendant de longues périodes.
Commentaires

L'emploi du CO2 pour l'euthanasie soulève des questions relatives au bien-être des animaux : concentration optimale permettant d'obtenir une perte de conscience rapide et un minimum de détresse tout en évitant les réflexes respiratoires provoqués par l'anoxie, procédure optimale d'introduction de l'animal (ou des animaux) dans la chambre d'euthanasie, irritation provoquée par l'inhalation de CO2. Toute euthanasie au CO2 when inhaled. When CO2 doit être conforme à un PNF (procédé normalisé de fonctionnement) approuvé.

Agents chimiques à injecter

Agents à injecter acceptables et employés pour l'euthanasie

Nous discuterons ici de plusieurs agents à injecter produits dans le commerce et pouvant servir à l'euthanasie.

Barbituriques

Administrés à forte dose par voie intraveineuse, tous les dérivés de l'acide barbiturique sont généralement d'excellents agents pour l'euthanasie. L'administration par voie intrapéritonéale peut également être acceptable là où l'injection intraveineuse produirait une détresse. Ces produits entraînent une dépression du système nerveux central (effet anesthésiant). Le plus souvent, on emploie des solutions concentrées de pentobarbital sodique. L'Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) considère que la méthode la plus appropriée d'euthanasie des animaux de compagnie est l'injection intraveineuse de barbituriques concentrés. Dans l'énoncé de position de l'ACMV sur l'euthanasie, on peut lire : " L'injection intraveineuse d'un barbiturique concentré est considérée comme la méthode d'euthanasie la plus humanitaire pour euthanasier les animaux de compagnie. L'effet est rapide, fiable et efficace, ce qui en fait une méthode supérieure aux autres méthodes d'euthanasie. " On doit garder des dossiers sur toutes les utilisations de barbituriques.

Avantages :

  • perte de conscience rapide
  • induction en douceur
  • relativement peu coûteux

Inconvénients :

  • médicaments réglementés pouvant être vendus uniquement aux vétérinaires licenciés
  • chez les petits animaux, injection intraveineuse nécessitant une certaine compétence
  • persistance du produit dans le cadavre de l'animal; les carcasses doivent être éliminées de façon à les rendre inaccessibles aux charognards
Commentaires

L'injection intrapéritonéale peut être acceptable dans certaines circonstances, c'est-à-dire dans les cas où l'injection intraveineuse provoquerait une détresse ou lorsqu'il est impossible d'avoir accès à une veine.

T-61

Le T-61 est un agent injectable employé pour l'euthanasie et qui contient trois ingrédients médicamenteux, soit un anesthésiant local, un somnifère puissant et un agent paralysant. Il doit être administré par voie intraveineuse à la dose et à la vitesse d'injection recommandées par le fabricant.

Avantages :

  • médicament non réglementé, plus facilement disponible; cependant il devrait être commandé, entreposé et employé comme un médicament réglementé pour éviter les abus

Inconvénients :

  • administration selon les recommandations, par voie intraveineuse, lentement
  • chez les chiens, l'injection peut provoquer des vocalisations et des contractions musculaires
Commentaires

Dans la plupart des cas, ce produit présente plus d'inconvénients que d'avantages et il est préférable d'utiliser des barbituriques.

Hydrate de chloral

L'hydrate de chloral est un sédatif qui provoque une dépression plus lente du système nerveux central. La mort survient par hypoxémie résultant de la dépression des centres de la respiration. Administré à forte dose par voie intraveineuse, ce produit peut être acceptable à certaines conditions chez certaines espèces. CCPA, Manuel Vol. 1 (2e éd.) 1993 XII. EUTHANASIE)

Agents chimiques, autres voies d'administration

Méthane-sulfonate de tricaïne (TMS ou MS 222)

Le méthane-sulfonate de tricaïne est un dérivé de l'acide benzoïque qu'on emploie pour anesthésier les poissons et les amphibiens et également pour les euthanasier. Les préparations sont dissoutes dans l'eau (concentration supérieure à 250 mg/L) et tamponnées, puis l'animal y est immergé jusqu'à ce qu'il meure.

L'immersion dans le chlorhydrate de benzocaïne constitue parfois une solution de rechange au TMS pour l'euthanasie des poissons et des amphibiens.

Agents chimiques inacceptables pour l'euthanasie

  • Strychnine (pesticide employé contre les rongeurs)
  • Nicotine
  • Sulfate de magnésium
  • Chlorure de potassium
  • Tout agent inhibiteur neuromusculaire (paralysant)
  • Toute autre substance chimique toxique

Certaines de ces substances peuvent être acceptables pour tuer un animal qui est déjà sous anesthésie profonde, par exemple à la fin d'une étude (après prélèvement sanguin, injection du produit menant à la mort). Sur le terrain, le chlorure de potassium permet parfois de réduire la dose de produit employé pour l'euthanasie là où des charognards peuvent avoir accès à la carcasse.

Méthodes physiques d'euthanasie

L'acceptabilité éthique de toute méthode physique de mise à mort d'un animal dépend en grande partie du bon fonctionnement du matériel ainsi que des compétences et de la formation de la personne chargée de l'opération. Les compétences de l'employé doivent faire l'objet d'un suivi. Lorsqu'elles sont mises en œuvre de façon appropriée, la plupart des méthodes physiques permettent de tuer l'animal sans cruauté. L'emploi de toute méthode physique doit être justifiée auprès du comité de protection des animaux.

Luxation cervicale

La luxation cervicale peut être acceptable chez les petits rongeurs et certaines espèces de volailles. Il est essentiel que la personne chargée de l'opération ait la formation et les compétences voulues.

Avantages :

  • perte de conscience rapide si fait adéquatement
  • aucun matériel nécessaire
  • aucune contamination des tissus par des substances chimiques

Inconvénients :

  • compétence et expérience nécessaires
  • procédure pouvant être esthétiquement déplaisante
  • petits animaux seulement

Décapitation

La décapitation consiste à séparer le cou et la tête du corps. On doit employer des guillotines spécialement conçues à cet effet. Pour que la décapitation se déroule de façon appropriée, les appareils doivent être maintenus en bon état.

Avantages :

  • perte de conscience rapide
  • aucune contamination du cerveau par des substances chimiques

Inconvénients :

  • animal devant être immobilisé avec soin
  • procédure pouvant être esthétiquement déplaisante
  • possibilité de blessure chez les personnes

Assommoir

Chez les jeunes animaux ou de petite taille ayant un crâne mou, il peut être acceptable d'asséner un coup sur la tête. Ensuite, la mort de l'animal doit être vérifiée. Il est essentiel que la personne chargée de l'opération ait la formation et les compétences voulues.

Cheville percutante

Le "pistolet" à cheville percutante produit un choc qui endommage le cerveau. La cheville, qui est reliée à un ressort à l'avant du dispositif, est propulsée par une charge de poudre, traverse le crâne et pénètre le cerveau. Si l'appareil est placé exactement à l'endroit voulu sur le crâne de l'animal, il produit immédiatement la perte de conscience et la mort par lésion du cerveau.

Avantages :

  • perte de conscience immédiate si le dispositif est employé de façon appropriée

Inconvénients :

  • procédure pouvant être esthétiquement dérangeante
  • nécessité d'immobiliser adéquatement l'animal
  • formation et expérience du personnel essentielles
  • dispositif devant être maintenu en bon état de fonctionnement

Abattage par arme à feu

Si on procède de façon appropriée, l'abattage d'un animal par arme à feu peut produire une perte de conscience immédiate suivie de la mort, et c'est une méthode acceptable. Seule une personne parfaitement qualifiée peut abattre un animal avec une arme à feu, et elle doit se conformer à la réglementation en vigueur. Il existe des lignes directrices qui préconisent de pointer l'arme vers la tête de l'animal pour atteindre le cerveau.

Pour le prélèvement de spécimens d'animaux sauvages, l'utilisation d'une arme à feu est acceptable à certaines conditions, selon les compétences du personnel et l'arme utilisée. On peut employer le terme de collecte pour désigner cette méthode de mise à mort des animaux sauvages.

Avantages :

  • perte de conscience immédiate si la balle détruit une grande partie du cerveau
  • peut être la meilleure option lorsqu'il faut tuer des animaux sauvages ou en liberté

Inconvénients :

  • perte de conscience immédiate si la balle détruit une grande partie du cerveau
  • peut être la meilleure option lorsqu'il faut tuer des animaux sauvages ou en liberté

Pièges mortels

Occasionnellement, on emploie des pièges mortels pour la collecte de spécimens de petits rongeurs sur le terrain, mais ces dispositifs ne tuent pas toujours l'animal de façon rapide et conforme à l'éthique.

Autres méthodes physiques de mise à mort des animaux d'expérimentation

La méthode qui suit peut être acceptable à certaines conditions et si elle est approuvée par un comité de protection des animaux.

La compression thoracique (cardio-pulmonaire) consiste à comprimer fortement le thorax des petits oiseaux sur le terrain lorsque aucune autre méthode n'est possible. Cette technique n'est pas acceptable en laboratoire.

Autres méthodes

D'autres méthodes physiques de mise à mort sont acceptables lorsque les animaux sont déjà profondément anesthésiés pour d'autres raisons. Ces méthodes sont l'exsanguination (retrait du sang de l'organisme), la congélation rapide dans l'azote liquide, la décérébration (destruction des hémisphères cérébraux par l'introduction d'une sonde effilée dans la cavité crânienne par le trou occipital).

Élimination des carcasses

Ne pas oublier : Toutes les carcasses et tous les tissus des animaux d'expérimentation doivent être éliminés conformément à la politique de l'institution.

Sommaire

Pour pouvoir tuer un animal de façon éthiquement acceptable, on doit posséder les connaissances et les compétences voulues, respecter l'animal et comprendre les nombreux facteurs qui interviennent dans le choix d'une méthode appropriée. Conformément aux principes généraux relatifs au bien-être des animaux, la méthode de mise à mort doit entraîner une perte de conscience très rapide (immédiate) suivie de la mort, et la procédure ne doit entraîner aucune douleur ou détresse.

Références sur l'euthanasie

Consulter les références présentées dans la section 8 des Lignes directrices du CCPA sur : l'euthanasie des animaux utilisés en science.