Identification des animaux

Identification des animaux

Il est important, la majorité du temps, d’identifier les animaux individuellement lors d’une étude. Dans certaines situations, une identification de groupe est suffisante si les animaux de ce groupe sont traités de la même façon et si la réponse à un traitement ne doit pas être notée individuellement.

Idéalement, la méthode d’identification doit assurer une identification permanente, distincte pour chaque individu et ne doit pas déranger l’animal. Les lettres et les chiffres sont fréquemment utilisés pour identifier les animaux et ne doivent pas être trop complexes sinon des erreurs de lecture et de transcription pourront survenir.

L’étiquette d’oreille est la méthode la plus utilisée pour identifier les animaux de ferme (p. ex. les moutons, les bovins) et elle est parfois utilisée chez les petits animaux d’expérimentation comme la souris. Il n’est cependant pas recommandé d’identifier les petits animaux d’expérimentation par cette méthode, car les étiquettes d’oreille sont lourdes et peuvent déformer l’oreille. C’est une pratique courante d’apposer une étiquette à chaque oreille au cas où l’animal en perdrait une afin d’être toujours en mesure de l’identifier. Les oiseaux sont identifiés à l’aide d’une bague à l’aile ou à la patte. Les chiens et les chats peuvent être identifiés à l’aide d’un collier avec un médaillon.

Le tatouage, constitué soit de chiffres et de lettres ou soit d’un autre code quelconque, permet une bonne identification. Il y a toutefois un risque que le tatouage s’estompe et devienne illisible. Pour prévenir ce problème, il doit être vérifié régulièrement. Le tatouage peut être fait sur n’importe quelle partie du corps, mais il doit être localisé à un endroit qui nous permet de le lire facilement sans trop manipuler l’animal. Le microtatouage qui consiste en de petits points d’encre localisé à un endroit spécifique du corps peut être utilisé chez les animaux albinos.

Le marquage temporaire ou de courte durée par coloration est possible chez certains animaux, notamment chez les individus qui présentent des zones blanches sur la fourrure ou sur les plumes et sur la queue de certains rongeurs. Les crayons marqueurs peuvent être utilisés pour identifier les animaux, mais comme pour les autres méthodes d’identification, le marquage doit être évident et permettre l’identification de l’animal sans erreurs possibles. Il faudrait probablement, selon le type de marqueurs, retoucher le marquage quotidiennement pour qu’il ne s’efface pas.

L’entaille à l’oreille est une autre méthode d’identifier les petits rongeurs et les porcs, mais il est préférable de privilégier la méthode de tatouage. Il existe une séquence internationale reconnue pour les entailles chez les petits rongeurs; certains utilisateurs d’animaux préfèrent toutefois choisir leur propre système de code. Il est important que la séquence des perforations et des entailles soit correctement effectuée afin de déterminer sans équivoque l’identité de l’animal.

L’utilisation des puces électroniques a énormément augmenté puisque c’est un moyen infaillible d’identifier les animaux de façon permanente. Ces implants sont des transpondeurs passifs encapsulés; ils doivent être stimulés de l’extérieur pour que l’information encodée soit libérée. L’information libérée est habituellement un numéro d’identification, mais certains des nouveaux implants vont également indiquer la température corporelle de l’animal. Les puces électroniques et les lecteurs optiques sont assez dispendieux, mais ils sont très utiles lorsqu’il est nécessaire d’identifier sans erreurs les animaux de grande valeur. L’implant d’un transpondeur passif intégré (PIT) est fréquemment utilisé dans l’aquaculture des salmonidés pour identifier les poissons lorsqu’ils passent devant une station d’identification lors de leur migration. L’implant PIT est injecté dans la cavité corporelle du poisson au lieu d’être sous-cutané comme chez les mammifères.

Plusieurs des techniques décrites ci-dessus peuvent provoquer de la douleur chez l’animal (p. ex. l’étiquetage de l’oreille, l’entaille de l’oreille, l’insertion de la puce, le tatouage). Il serait peut-être nécessaire d’utiliser un analgésique. Les petits animaux (p. ex. les souris) pourront être anesthésiés avec un agent volatil qui permet un rétablissement rapide suite à la procédure. Pour les grands animaux, un anesthésique local pourrait être suffisant. Pour certains animaux, l’utilisation d’un analgésique systémique comme le butorphanol est suffisante pour atténuer la douleur.

Plusieurs autres méthodes d’identification ont été utilisées dans le passé, mais ils avaient des applications limitées en laboratoire. La méthode de rognage des orteils pour identifier les nouveau-nés dans une portée de rongeurs et pour identifier certaines espèces animales sauvages (p. ex. les salamandres) est maintenant considérée comme peu appropriée. Également, le marquage au fer rouge n’est plus nécessaire pour identifier les bovins, les chevaux, etc. puisqu’il existe des méthodes alternatives plus appropriées. Toutefois, les bovins et les chevaux achetés d’une ferme peuvent avoir été auparavant marqués au fer rouge.

Les poissons sont fréquemment identifiés par la méthode de rognage des nageoires ou à l’aide de petites étiquettes placées sur les branchies ou sur le dos.

Les biologistes de terrain désirent identifier les animaux pour être en mesure de suivre leur déplacement dans leur territoire et lors de leur passage migratoire. Les émetteurs radio peuvent être utilisés chez une grande variété d’espèces animales: de l’orignal aux petits oiseaux. Ces émetteurs émettent un signal radio qui permet aux chercheurs de localiser l’origine du signal. Les satellites et le système mondial de localisation (GPS) sont également utilisés. Certains de ces émetteurs sont placés sur les plumes ou sur la fourrure et ils ont été conçus pour tomber après un certain moment. Par exemple, chez les oiseaux, l’émetteur sera perdu durant la mue annuelle des plumes.